Tortue d'Hermann (Gmelin, 1789)

Testudo Hermanni Hermanni

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testudo_hermanni_hermanni_male_identification.jpgnotez les bandes continues sous le plastron

La tortue d'Hermann (Testudo hermanni), également appelée tortue des Maures, est une tortue terrestre de la famille des Testudinidae découverte en 1789 par Johann Friedrich Gmelin. C'est une tortue considérée en voie d'extinction.

Généralités:

La tortue d'Hermann est la seule tortue terrestre de France : elle est présente dans la plaine et le massif des Maures et en Corse. Si elle ressemble à ses cousines italiennes et espagnoles, ou Corses, ce sont pourtant des tortues génétiquement différentes et la tortue d'Hermann varoise est unique au Monde [réf. nécessaire].

Aire de répartition de l'espèce et des sous espèces.

Aire de répartition de l'espèce et des sous espèces.

Taxonomie:

En juin 2007 le statut taxonomique de la tortue d'Hermann, a été remis en question par la communauté scientifique. La nomenclature scientifique continue à évoluer, comme elle l'a déjà fait par le passé (le débat porte essentiellement sur la reconnaissance de sous espèces).

Il est cité principalement deux sous-espèces :

  • La sous-espèce occidentale : Testudo hermanni hermanni. C'est la plus petite. Elle mesure de 18 à 20 cm à la taille adulte (le mâle étant légèrement plus petit que la femelle). La couleur jaune prédomine sur la carapace, en contraste avec les taches sombres qui s'y trouvent. La queue est plus longue chez le mâle. Elle se distingue des autres tortues par les bandes de couleur noire continues sous le plastron. Elle vit de l'Espagne à l'Italie, en passant par les îles méditerranéennes (Sardaigne, Corse, Baléares). C'est la sous-espèce la plus menacée, et elle est d'ailleurs classée comme « en danger » par l'IUCN.

  • La sous-espèce orientale :

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  • testudo_hermanni_boettgeri_female_identification.jpg
  • notez les bandes discontinues sous le plastron

Elle est plus grande que la sous-espèce occidentale (sa taille peut atteindre 28 cm, et son poids 3 à 4 Kg). Les bandes sous le plastron sont plus clairsemées. Sa tête va de la couleur marron à noir, avec de fines écailles ainsi que sur les pattes avant munies de 5 griffes. Elle vit en Europe du Sud-Est : Croatie, Macédoine, Roumanie, Bulgarie, Grèce et Turquie.

Certain auteurs considèrent aujourd'hui Testudo hermanni boettgeri taxonomiquement comme une espèce à part entière, distincte de Testudo hermanni[réf. nécessaire]. Dans cette optique l'appellation devrait être :

  • Testudo hermanni ou encore Eurotestudo hermanni
  • Testudo boettgeri ou encore Eurotestudo boettgeri

La majorité des auteurs n'ont cependant pas adopté cette approche, dans la mesure où les deux taxons se croisent sans problème.

C'est l'impossibilité d'une hybridation ou la stérilité du produit de celle-ci qui est en effet le critère admis pour définir deux taxons comme espèces valides et non comme sous-espèces.

Comportement:

L'espérance de vie des tortues dans la nature est inconnue. En captivité elle peut atteindre 100 ans [réf. nécessaire], plus souvent entre 60 et 80 ans [réf. nécessaire]. Cette longévité s'explique par un métabolisme adaptable aux conditions exterieures mais surtout par le fait que si elles survivent aux 6-7 premières années de leur vie, elles ne craignent plus par la suite les prédateurs qui se heurtent au problème de la carapace... sauf l'Homme bien sûr, les machines et les chiens domestiques (qui les considèrent comme des os à ronger et provoquent des blessures + stress mortel).

Les tortues sont des animaux à sang froid (ectothermes) qui doivent s'adapter à la température ambiante pour assurer un bon métabolisme et une activité optimale. S'il fait froid, elles doivent d'abord trouver un endroit pour se réchauffer. S'il fait trop chaud, elles doivent impérativement se mettre à l'ombre. Dans la nature, elles font aussi de longues distances pour aller boire régulièrement (toutes les 2 semaines environ en période chaude).

Tôt le matin, elles quittent leur gîte de nuit (dont elles changent tous les jours) dès qu'elles sont réchauffées et partent en quête de nourriture, des feuilles, des fleurs, des fruits, parfois des escargots et des vers. À midi, le soleil étant haut, elles se mettent au frais dans des buissons et ressortent en fin de journée. Dotées d'un excellent sens de l'orientation, elles se repèrent parfaitement dans l'espace grâce aux champs magnétiques de la terre et au soleil, et sans doute grâce à une très bonne olfaction et à la mémoire de leur environnement. En fin de journée, elles quittent leur gîte pour se nourrir à nouveau.

Les tortues sont extrêmement attachées à leur lieu de vie (phylopatrie), c'est pourquoi elles essaieront sans cesse d'y retourner si on les en déplace (ramassage). Certaines de celles qui ont survécu aux feux de 2003 ont été observées comme retournant sur leur lieu de vie ou continuant à le fréquenter malgré sa dévastation (lors du feu elles étaient en bord de rivière, ou dans des zones épargnées/sautes de feu)

Hibernation:

En espace naturel méditerranéen, les tortues creusent leur abri d'hibernation au pied d'un buisson, et en changent d'année en année, même s'il semblerait qu'elles hibernent quand même dans la même zone de leur domaine vital. Elles hibernent de novembre à février. À ce moment, le rythme cardiaque et la respiration s'abaissent notablement, elles ne dorment pas à proprement parler, il s'agit plutôt d'une sorte de léthargie. Les tortues en captivité doivent également hiberner, besoin vital pour elles.

Reproduction:

Mâles et femelles vivent de manière solitaire et ne se rencontrent que pour l'accouplement. La parade nuptiale comprend des morsures et des chocs de carapace qui, s'ils ne posent pas de problème dans la nature (la femelle peut fuir), peuvent causer de graves blessures à la femelle en captivité. La femelle peut s'accoupler avec plusieurs mâles durant une même saison, et elle gardera le sperme intact durant 4-5 ans dans des replis de son appareil reproducteur. Ainsi, même si elle ne s'accouple pas, elle garde le pouvoir de pondre des oeufs fécondés même si les mâles sont absents ou se font rares (un avantage après les incendies par exemple !). C'est grâce à cette parade complexe que, comme chez bien d'autres animaux, la femelle peut évaluer les qualités du mâle et refuser l'accouplement s'il ne lui convient pas... Des recherches sont en cours pour mieux comprendre quels sont les critères de choix des femelles.

La reproduction ne fixe pas le sexe des embryons. Celui-ci dépend de la température d'incubation. La température moyenne générant autant de mâles que de femelles est de 28,5°. La femelle creuse un trou avec ses pattes de derrière, puis pond des œufs de 35 mm de diamètre et de 16 g de poids. Il y a en moyenne 3 à 6 œufs, mais si la femelle est âgée elle pourra pondre deux fois dans l'année. La proportion des pontes arrivant à la naissance est relativement bas, car la prédation des œufs par divers animaux est élevée (fouine, sangliers, blaireau). La maturation des œufs dure environ 90 jours, les petits émergeant généralement après les premières pluies d'automne.

Ennemis :

Autrefois, les tortues d'Hermann (ainsi que les cistudes) étaient consommées dans les monastères le vendredi, car elles n’étaient pas considérées comme de la viande mais assimilées à des poissons.

Cette tortue a pour principaux ennemis :

  • la dégradation de son habitat
  • l'extension des cultures agricoles et de l'urbanisme dans les communes bordant le massif des Maures
  • les véhicules motorisés ou pas (routes nationales et départementales, chemins forestiers)
  • les incendies annuels dans le Massif des Maures
  • les rotobroyeurs utilisés préventivement contre les incendies par les propriétaires de terrain, mais souvent sans aucun respect pour la faune présente
  • les chiens de chasse, les chiens errants et les chiens domestiques
  • le trafic et le prélèvement d'individus par les touristes et par les habitants
  • le relâcher d'individus par des acheteurs dépassionnés et par les habitants
  • la future ligne de TGV qui soulève un problème de séparation en deux parties différentes du Massif des Maures
  • l'élevage mal géré ou mal encadré
  • la malfaisance humaine
  • la méconnaissance des besoins d'une tortue

Menaces:

Les menaces à l'origine de la disparition de l'espèce portent à la fois sur son habitat et sur les individus qui composent les quelques populations sauvages encore existantes.

Dans le premier cas, c'est l'extension de l'urbanisation qui cause la disparition des espaces naturels et leur fragmentation. L'extension des surfaces viticoles engendre aussi une perte d'habitat, mais les tortues peuvent encore traverser les vignes ou se réfugier dans les haies, même si ces dernières ne sont pas des milieux de vie sûrs. Vient ensuite la dégradation de la qualité de ces habitats, par exemple par le débroussaillage anti-incendie qui ôte broussailles et buissons où elles vivent et ne laissent qu'une végétation rase qu'elles évitent. Les feux ne causent de dommages aux habitats qui s'ils sont trop fréquents et finissent par épuiser les sols sur lesquels plus grand chose ne poussera. A l'opposé, la disparition des traditions agricoles douces (pastoralisme, vergers et oliveraies entretenues à la main, vendanges manuelles...) peuvent entraîner dans le Massif une fermeture des milieux qui favorise la prédation sur les oeufs alors tous concentrés dans les quelques endroits ensoleillés restants.

Les menaces directes sont les écrasements par les machines (débroussaillage, tracteurs, voitures), la prédation par les chiens domestiques, le ramassage par les particuliers. Mentionnons aussi les risques sanitaires et génétiques liés au lâcher ou à l'évasion des tortues captives souvent exotiques ou hybridées, voire consanguines.

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11 novembre 2010     

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